Le récit d’Arielle – Chapitre 3

Chapitre 1

Chapitre 2

—–

Moi qui trouvait que l’hôpital Pierre-Le-Gardeur était grand. 

Le CHUM me prends par surprise par son immensité. Tout est tellement neuf, grand, lumineux. 

D’un côté, ça me réconforte de savoir que notre système de santé me permet d’être suivie dans un tel établissement. D’un autre, je déteste l’idée d’être rendue ici. D’être sur l’étage des grossesses à risque. 

À notre arrivée, on rencontre le médecin spécialiste en néonatalogie. Tsé, juste au cas. Un spécialiste en bébés prématurés, c’est comme la dernière personne que tu veux croiser pendant une grossesse. 

Malgré tout, il y a une petite voix à l’intérieur de moi.

C’est peut-être Arielle qui me chuchote que tout ira bien. Peu importe quand et comment elle arrivera. 

On rencontre ensuite trois autres médecins, qui un, je l’apprendrai plus tard, est spécialisé pour << les cas bizarres >>.

C’est moé ça! 

Ils m’examinent, me palpent, me posent au moins 100 questions chaque. 

Non, je n’ai pas mal au ventre.

Non, je n’ai pas voyagé en Asie. 

Non, je n’ai pas de problème de boisson. 

<< J’ai jamais été saoule madame. >>

Non, je n’ai pas mangé de charcuteries fait maison. 

À la fin, je suis épuisée et tannée. Tant de questions sans réponses.

Les médecins n’ont aucune piste. 

Je rencontre même une médecin qui travaille habituellement à Le Gardeur et qui avait eu connaissance de << la femme enceinte avec des enzymes à 1000 >> .

Une vedette, quoi! 

Là, c’est le moment du récit un peu plate à écrire.  

Parce que si tu as lu les deux premiers chapitres, tu dois t’attendre à un A-HA! 

Un éclair de génie.

Un moment Dr. House. 

Rien de tout ça. 

J’ai passé 4 jours au CHUM. 

Y’a pas eu de réponse aux questions. 

Mes enzymes ont tranquillement baissé d’eux-mêmes. 

Juste comme ça. 

Sans qu’on comprenne pourquoi et comment. 

Encore une fois, du jamais vu selon les médecins.

Mes sels biliaires sont restés stables et en bas de 20.

Pourquoi?

Comment ça? 

On sait pas. 

Comme le problème semble se résorber de lui-même, l’équipe médicale juge bon d’attendre à la 37e semaine de grossesse pour provoquer l’accouchement. 

Un genre d’entre deux pour s’assurer qu’Arielle soit à terme, mais qu’elle puisse sortir rapidement.

Au cas où tout ça aurait un lien avec la grossesse.

Alors c’est ça, y’a pas de punch, pas de réponses.

On dirait que c’est pire de pas savoir après avoir vécu tout ça!

Le plan pour les deux prochaines semaines (le temps restant avant la provocation) est de faire des prises de sang bihebdomadaires à Le Gardeur pour bien suivre mon cas.

J’écris ceci à mon retour à la maison, après mon séjour au CHUM:

<< Ce matin en quittant l’hôpital, je me disais : Faque … Toute ça… Pour ça? Pour me faire dire que je pouvais retourner chez moi et que bébé et moi on allait bien? >>

Je n’y comprends rien.

Je suis fâchée de m’être fait << voler >> ces dernières semaines de repos avant l’accouchement.

Mais avec le recul, voici ce que j’ai réalisé. 

Cet étrange séjour à l’hôpital m’a réconcilié avec celui-ci. C’est pas si froid que ça finalement, un hôpital. Il y a des sourires, de la compassion, et beaucoup d’amour de la part des infirmières et des mécedins.

Mon séjour m’a mieux préparé à mon accouchement pas-à-la-maison-de-naissance. Si j’avais eu à être transférée d’urgence lors de mon accouchement, j’aurais absolument paniqué. Je n’ose même pas imaginer!

Tu l’apprendras un peu plus tard, mais à l’accouchement on s’est rendu compte que si Arielle était restée plus longtemps dans ma bédaine, les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves pour elle. 

Et maintenant que nous sommes en pleine pandémie, je réalise que si Arielle n’était pas arrivée 3-4 semaines d’avance, ma famille n’aurait pas pu la voir.

Du tout.

Dom n’aurait pas pu être présent pendant mon séjour post-partum. Ça non plus je n’ose même pas imaginer. 

Ma famille n’aurait pas pu venir nous aider pendant ces premières semaines tout à fait exténuantes. 

Je n’aurais pas pu recevoir la précieuse visite de mes amies mamans, pour sauver mon moral de nouvelle-maman-zombie.

C’est fou. 

Je croyais vivre un cauchemar, mais ce << cauchemar >> m’a sauvé d’un bien plus grave, vrai de vrai cauchemar. 

J’en voulais tellement à Dieu de me retrouver privée de mon accouchement désiré. 

Je ne savais pas qu’il était plutôt en train de me protéger, et de protéger ma fille. 

L’ironie. 

Et la p’tite claque dans face au passage.

Le 12 février, nous sommes rentrés à l’hôpital pour accueillir notre Arielle. 

Mais elle n’est pas arrivée ce soir-là, ni le 13.

Si on se fie aux péripéties des chapitres 1 et 2, l’histoire est loin d’être terminée, n’est-ce pas?

À bientôt!

(LA SUITE: Chapitre 4)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :